lundi 3 décembre 2007

Le Portugal va devenir le premier producteur mondial d’énergie des mers

Pour ce faire, le Portugal est en train de se doter de machines Pelamis semi émergées, nom d’origine latine qui signifie serpent de mer, conçues par une entreprise écossaise, Pelamis Wave Power (PWP). Cette machine est composée de plusieurs cylindres de 3,5 mètres de circonférence, chacun de la longueur d’un wagon de train et reliés entre eux dans la direction des vagues sur une longueur totale d’environ 150 mètres. Les vagues provoquent la montée et la descente du Pelamis dans une séquence de mouvements ressemblants à ceux d’un serpent. Au niveau des charnières, des marteaux hydrauliques pompent une huile à haute pression et fournissent une énergie qui est convertie en électricité par un générateur.

Le projet Pelamis fournira à ses débuts 2,25 megawatts (MW) d’énergie propre au large d’Aguçadoura, dans le Nord du Portugal, de quoi fournir l’équivalent énergétique de 1 500 foyers.

A terme, le projet sera capable de générer l’énergie de 15 000 maisons, économisant ainsi l’émission de 60 000 tonnes de CO2 par an.Disposant de trois appareils au départ, Enersis espèe porter la ferme à vagues à 30 machines dès l’année prochaine pour atteindre en quelques années une centaine de machines pour une production de 500 MW qui rendrait le projet rentable. Ce projet s’inscrit bien dans la politique volontariste du Portugal pour développer les énergies renouvelables. Le premier ministre portugais José Sócrates a récemment relevé le taux des énergies renouvelables que le pays devra produire d’ici 2010 en passant de 39 % à 45 %. Centré sur l’énergie éolienne, le manque de place sera à terme un problème pour le Portugal qui doit alors trouver d’autres sources d’énergies renouvelables.

Source : http://www.enerzine.com/7/3452+Le-Portugal-futur-leader-dans-l-energie-des-vagues+.html

Le Sahara générateur d’électricité ?

L’avenir de l’énergie dans les pays du sud de la Méditerranée n’est pas l’atome, mais le soleil. Un groupe d’ingénieurs allemands en a convaincu le gouvernement de Berlin et des partenaires du pourtour de la mer. Leurs arguments progressent aussi à Bruxelles, où deux parlementaires européens, Rebecca Harms et Anders Wikjman, ont organisé un colloque le 28 novembre sur un des projets technologiques les plus ambitieux de l’époque.

L’idée est forte et simple : l’énergie solaire illuminant le Sahara est très abondante. Si l’on pouvait en récupérer une fraction, celle-ci couvrirait une part notable des besoins en énergie des pays méditerranéens, mais aussi de l’Europe. Or les technologies solaires ont suffisamment progressé pour que cette perspective devienne réaliste.

Sur le papier, le raisonnement est imparable : "Les déserts chauds couvrent environ 36 millions de km2 sur les 149 millions de km2 de terres émergées de la planète, explique le physicien Gerhard Knies, inspirateur du projet TREC (Trans-Mediterranean Revewable Energy Cooperation). L’énergie solaire frappant chaque année 1 km2 de désert est en moyenne de 2,2 térawattheures (TWh), soit 80 millions de TWh par an. Cela représente une quantité d’énergie si considérable que 1 % de la surface des déserts suffirait pour produire l’électricité nécessaire à l’ensemble de l’humanité." Dès lors, il devrait être possible, en multipliant les centrales solaires dans le désert, d’alimenter les pays riverains, voire les pays européens.

L’idée, dans l’air depuis longtemps, commence à se formaliser en 2002, lorsque Gerhard Knies, convaincu de la première heure, contacte la section allemande du Club de Rome. Une réunion d’experts a lieu début 2003 : le gouvernement, séduit, accepte de financer une étude approfondie. Celle-ci, menée par le Centre aéronautique et spatial allemand (DLR, l’équivalent du CNES français) et rédigée par l’ingénieur Franz Trieb, est publiée en 2005 et 2006. Elle conclut à la faisabilité du projet avec les technologies existantes.

Concrètement, quelles infrastructures cela impliquerait-il ? La production d’énergie serait assurée par des centrales thermiques à concentration, dans lesquelles des miroirs font converger la lumière du soleil. La chaleur de celle-ci peut échauffer de la vapeur (employée pour faire tourner des turbines), mais elle peut aussi être stockée dans des réservoirs de sels fondus qui la restituent pendant la nuit. L’énergie résiduelle de la production d’électricité pourrait également servir, par le procédé dit de cogénération, à dessaler l’eau de mer - une préoccupation importante pour les pays du sud de la Méditerranée. Les experts estiment par ailleurs que le transport de l’électricité vers les pays du Nord, malgré d’inévitables pertes en ligne, resterait avantageux, dans la mesure où l’irradiation est deux fois supérieure dans le désert à ce que l’on observe en Europe.

Le point-clé du projet, bien évidemment, reste sa rentabilité économique. D’après ses défenseurs, celle-ci serait au rendez-vous. "Aujourd’hui, une centrale solaire thermique produit l’électricité à un coût situé entre 0,14 et 0,18 euro par kilowattheure (kWh). Si une capacité de 5 000 mégawatts (MW) était installée dans le monde, le prix pourrait se situer entre 0,08 et 0,12 euro par kWh, et pour 100 GW, entre 0,04 et 0,06 euro par kWh", précise Franz Trieb.
"L’idée de TREC tient la route, renchérit Alain Ferrière, spécialiste de l’énergie solaire au CNRS. Elle table sur le fait que l’on a besoin de développer la technologie pour en faire baisser le coût."

Pour l’instant, en effet, les centrales solaires se comptent sur les doigts de la main, en Espagne, aux Etats-Unis, ou en Allemagne. De plus, elles s’installent souvent sur des zones agricoles ou végétales, ce qui, d’un point de vue environnemental, n’est guère satisfaisant. La centrale de 40 MW de Brandis, en Allemagne, couvrira ainsi de panneaux solaires 110 hectares de bonne terre. Dans le désert, ce gaspillage d’espace est moins préoccupant. D’où l’intérêt croissant porté au concept de TREC par plusieurs compagnies d’électricité en Egypte et au Maroc. Et, plus encore, en Algérie.

Détenteur d’un des potentiels solaires les plus importants de tout le bassin méditerranéen, ce pays a annoncé, en juin, un plan de développement assorti d’un calendrier, qui devrait être mis en oeuvre par la compagnie NEAL (New Energy Algeria). Le 3 novembre, l’acte fondateur du projet a été effectué par le ministre de l’énergie Chakib Khalil, qui a posé la première pierre d’une installation hybride, comprenant une centrale à gaz de 150 MW et une centrale solaire de 30 MW, dans la zone gazière de Hassi R’mel (Sahara). Son ouverture est prévue pour 2010. Une première étape vers ce qui pourrait, une fois réduits les coûts de production, devenir à terme une installation majoritairement solaire.

Le 13 novembre, une autre étape a été franchie : le PDG de NEAL, Toufik Hasni, a annoncé le lancement du projet d’une connexion électrique de 3 000 km entre Adrar, en Algérie, et Aix-la-Chapelle, en Allemagne. "C’est le début du réseau entre l’Europe et le Maghreb. Il transportera de l’électricité qui, à terme, sera solaire à 80 %", affirme M. Hasni, interrogé par Le Monde. L’Europe s’étant fixé un objectif de 20 % d’électricité d’origine renouvelable d’ici à 2020, cette perspective pourrait intervenir à point nommé. Plus globalement, le développement de l’énergie solaire, soulignent ses promoteurs, pourrait servir la cause de la paix en devenant un substitut crédible à l’énergie nucléaire.

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-979564,0.html?xtor=RSS-3244

lundi 26 novembre 2007

Le sel, nouvelle piste pour les énergies renouvelables

"Nous cherchons la source d’énergie du futur depuis des années. Peut-être la réponse a-t-elle toujours été sous notre nez", proclame Statkraft, qui a décidé de construire la première mini-centrale à eau de mer au monde. Sur les rives du fjord d’Oslo, le groupe public norvégien aménagera l’an prochain un projet-pilote de centrale "osmotique", une forme d’énergie propre qui, selon ses promoteurs, pourrait en théorie produire 1.600 TWh à l’échelle mondiale, soit la moitié de la consommation énergétique actuelle en Europe.

"C’est totalement neutre en émissions de CO2", explique Jon Dugstad, un haut-responsable de Statkraft. "Tout ce qu’on fait, c’est mélanger eau douce et eau de mer, sans rien ajouter dans un processus qui est parfaitement naturel" puisqu’il se produit partout où les rivières se jettent dans la mer. L’énergie osmotique exploite la différence de concentration entre liquides : si l’on sépare deux masses d’eau filtrée, l’une salée l’autre douce, par une membrane semi-perméable, la seconde —moins concentrée— migre naturellement vers la première. Le surcroît de pression généré sur l’eau salée, elle-même préalablement pressurisée, peut alors être transformé en énergie via une turbine.

Dans une usine de Hurum, dans le sud de la Norvège, Statkraft va donc construire une minuscule centrale osmotique capable de produire de 2 à 4 KWh, de quoi alimenter quelques ampoules. "Le prototype ne vise qu’à valider la technologie", précise M. Dugstad. En cas de succès, une centrale à plus grande échelle, capable celle-là de produire de 160 à 170 GWh —assez pour alimenter environ 15.000 foyers en électricité—, pourrait suivre dans les années qui viennent. Selon Statkraft, l’énergie osmotique pourrait être compétitive aux alentours de 2015. Avec l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Afrique du Sud et certaines régions d’Amérique latine parmi les marchés considérés comme les plus prometteurs.

"Ce n’est pas une lubie de chercheurs. A l’avenir, on sera de toutes façons amenés à exploiter toutes les sources d’énergie propres", commente Gérald Pourcelly, directeur de l’Institut européen des membranes affilié au CNRS. Le principal défi technologique se situe au niveau de la membrane, dont l’étendue et la perméabilité —permettant à l’eau douce de migrer vers l’eau salée sans que les particules de sel ne puissent faire le parcours en sens inverse— déterminent le niveau d’énergie produite. "Le problème, c’est qu’il faut que les surfaces d’échange, c’est-à-dire la membrane, soient extrêmement grandes pour recueillir suffisamment d’énergie. Cela va nécessiter de grandes quantités de membranes pour une énergie au m2 relativement faible", estime M. Pourcelly.

Au fil des ans, Statkraft dit être parvenu, en laboratoire, à un flux (la quantité d’énergie rapportée à la surface) de 3 Watt/m2. "Nous pensons qu’il nous faut 5 Watt/m2", indique-t-on chez Statkraft. D’une exploitation peu coûteuse une fois installée, l’énergie osmotique aurait aussi le mérite d’assurer une production constante, un gros avantage par rapport au solaire ou à l’éolien. L’inconvénient est d’ordre géographique dans la mesure où de telles centrales nécessitent une certaine emprise au sol dans des zones souvent déjà fortement urbanisées, au point de jonction entre rivières et océans.

Source : AFP

L’énergie éolienne a le vent en poupe en Chine

Les vents balayant les régions arides du nord de la Chine peuvent être une des réponses au défi écologique posé par l’immense besoin en énergie de la croissance du géant asiatique qui a les moyens de devenir un des leaders mondiaux de l’éolien. La Chine sera à la fin de l’année le premier émetteur de gaz à effet de serre. Elle devrait aussi dépasser les Etats-Unis comme premier consommateur mondial d’énergie, un peu après 2010. Si elle continue à avoir recours majoritairement au charbon, elle a fortement développé ces dernières années les énergies alternatives, plus propres, comme l’éolien.

"Il y a deux ans, les gens pensaient que l’éolien était une plaisanterie", dit Li Junfeng, un spécialiste des énergies alternatives. "Personne ne pensait qu’il était possible d’atteindre l’objectif de 30 millions de kilowatts en 2020", ajoute-t-il.

Du 10e rang mondial il y a deux ans en terme d’installations annuelles d’éoliennes, elle est passée au cinquième, derrière les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Inde et l’Espagne. En 2007, le géant asiatique a accru sa capacité d’énergie éolienne de 1.300 mégawatts, soit l’équivalent d’une centrale nucléaire française. Mais, malgré une capacité de production de 2,6 gigawatts l’année dernière, l’éolien ne représente encore que 1 % dans la production de son énergie, contre 70 % pour le charbon.

"Accélérer le développement de l’énergie éolienne devrait faire partie de la stratégie chinoise pour réduire sa dépendance au charbon tout en lui permettant de répondre à sa demande d’énergie", juge Yang Ailun de Greenpace Chine. Dans le monde entier, l’éolien est en plein boom, nourri par la volonté de réduire la consommation d’énergies fossiles et d’avoir recours à des énergies plus propres pour combattre le réchauffement climatique.

L’année dernière, selon des statistiques du secteur, la capacité a été augmenté d’un quart à plus de 74 gigawatts avec l’installation de nouvelles éoliennes pour l’équivalent de 23 milliards de dollars. Pour la seule Chine, la croissance annuelle de l’éolien a été de 46 % ces dix dernières années et en 2007 la capacité installée sera de cinq gigawatts, soit une avance de trois ans par rapport aux objectifs de Pékin. "D’une certaine manière, la Chine mène la danse", affirme Steve Sawyer, secrétaire du Conseil mondial de l’énergie éolienne, une organisation basée à Bruxelles chargée de promouvoir ce type d’énergie.

En 2006, les parlementaires chinois ont adopté une loi sur les énergies renouvelables, qui a créé un fonds nourri par des versements publiques obligatoires afin de couvrir les frais supplémentaires induits par l’éolien. Cependant, pour le Conseil mondial de l’énergie éolienne, une politique plus active du gouvernement pourrait permettre d’atteindre 120 gigawatts en 2020, soit 10 % de la capacité de production énergétique. "Avec un plus grand soutien, la Chine pourrait devenir un des trois principaux marché de l’éolien dans le monde en 2020", estime Li Junfeng. "Le combat mondial contre le changement climatique ne sera pas gagné sans un rôle majeur de la Chine", estime pour sa part M. Sawyer.

Source : AFP

Les biocarburants de deuxième génération issus de la biomasse et de la mer pourraient changer la donne énergétique

Après la Banque mondiale, c’est au tour de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) de s’inquiéter de la vogue des agrocarburants destinés à limiter les émissions de gaz à effet de serre dans le domaine des transports.

Faire passer de 1 % à 11 % la part d’agrocarburants dans la consommation totale de carburants d’ici à 2050 n’ira pas sans bouleversements majeurs. "En théorie, écrivent les auteurs, il y a assez de terres sur le globe pour nourrir une population en expansion tout en produisant suffisamment de biomasse." Mais "la transformation des terres pour la production d’énergie à partir de la biomasse poussera les prix alimentaires vers le haut". L’OCDE s’attend à une progression de 20 % à 50 % au cours de la prochaine décade. Le bilan n’est pas fameux non plus en termes environnementaux, souligne le rapport, car la tentation sera grande "de remplacer les écosystèmes comme les forêts, les zones humides et les pâturages par des cultures destinées aux agrocarburants".

A ceux qui font valoir que les réductions de gaz à effet de serre peuvent être réduites de 40 % par l’emploi d’agrocarburants à la place de l’essence classique, il est répondu que l’éthanol et le biodiesel peuvent se révéler plus dommageables, si l’on prend en compte l’acidification des sols qui en résultera, l’usage des engrais et des pesticides et les atteintes à la biodiversité. Le rapport conclut que "la capacité des agrocarburants à couvrir une part importante des besoins énergétiques des transports sans nuire aux prix alimentaires ou à l’environnement est très limitée".

L’avenir de l’éthanol au Québec serait dans les résidus forestiers et les matières résiduelles plutôt que dans le maïs. " Le secteur forestier est mal en point, c’est le bon moment pour reconfigurer et revitaliser cette industrie", estime Esteban Chornet, qui travaille sur cette question depuis plus de vingt ans à l’Université de Sherbrooke. La production d’éthanol, à partir de matières ligneuses comme les copeaux de bois, les résidus de coupe ou de procédés industriels, permettrait de générer des revenus intéressants pour le secteur forestier tout en représentant un gain appréciable sur le plan environnemental. Les matières résiduelles pourraient également être transformées en éthanol, ce qui éviterait notamment la production de méthane lors de leur décomposition, ce gaz ayant un impact important sur l’effet de serre.

Le gouvernement provincial vient d’annoncer, en partenariat avec le secteur privé, le lancement d’une chaire de recherche sur l’éthanol cellulosique à l’Université de Sherbrooke. Deux usines pilotes seront également implantées dans les Cantons de l’Est. L’une des usines témoins utilisera les matières résiduelles pour fabriquer l’éthanol, tandis que l’autre se servira de résidus forestiers. La décision de bâtir une usine commerciale, qui produirait de 40 à 80 millions de litres d’éthanol par année, devrait être prise au premier trimestre de 2009, affirme le professeur Esteban, également actif au sein de l’entreprise Enerkem.

L’éthanol cellulosique, ou éthanol de seconde génération, offre des bénéfices environnementaux supérieurs à ceux du carburant fabriqué grâce au maïs. Les rejets de gaz à effet de serre pourraient s’avérer de 80 % moins importants que ceux générés par l’essence. Le pourcentage est proche de 15 % avec l’emploi d’éthanol de maïs, selon un article publié par le magazine scientifique Science. "L’éthanol cellulosique est plus énergétique que l’éthanol de maïs et il fait appel à des matières abondantes non utilisées dans la production alimentaire", précise un rapport de l’ONG américaine Union of Concerned Scientists. Malheureusement, la technologie n’en est pas encore à la phase commerciale.

"Cette étape approche toutefois à grands pas. L’entreprise Iogen est à l’origine depuis 2004 d’installations témoins à Ottawa - les seules au monde", soutient la porte-parole Mandy Chepeka. Ces installations ont une capacité de 2,5 millions de litres par année, et l’entreprise se prépare maintenant à passer à la production commerciale. Le Département américain de l’Énergie a d’ailleurs annoncé en mars dernier l’octroi de subventions de 385 M$ afin de construire six usines commerciales d’éthanol cellulosique. À plein régime, ces usines produiraient 500 millions de litres d’éthanol par année.

En Allemagne, le centre de recherche de Karlsruhe a présenté son procédé "bioliq" : il permet de transformer des résidus forestiers et agricoles en carburants synthétiques. Sa qualité serait supérieure à celle des autres biocarburants et même des hydrocarbures. Afin de produire des carburants de synthèse de haute qualité et des matières premières chimiques, la biomasse est l’unique source renouvelable. Ces carburants de synthèse (baptisés aussi BtL, "Biomass to Liquid") évitent une hausse de la teneur en CO2 de l’atmosphère, diminuent la quantité de résidus de combustion nuisant à la santé et au climat et réduisent la dépendance en matières premières fossiles. Les carburants BtL satisferaient aux exigences actuelles et futures des techniques de moteurs et des normes d’émissions polluantes.

Au sein du centre de recherches de Karlsruhe, ce procédé développé en 2 étapes, permet d’utiliser différents constituants de la biomasse, à teneur énergétique le plus souvent faible. Il répond de même aux exigences de la production à grande échelle et à sa viabilité économique. La biomasse est transformée en un produit intermédiaire fluide, facilement transportable et à haute valeur énergétique via une rapide pyrolyse : elle satisfait aux exigences économiques pour être amenée sur de longues distances jusqu’à des installations importantes pour la production de gaz de synthèse ou de carburant.

Les principaux résidus utilisables dans ce procédé sont la biomasse sèche (pailles, foin, diverses chutes de bois, découpe d’arbre, écorce), le papier et le carton. Le procédé "bioliq" constitue un grand potentiel dépassant de loin les biocarburants de la première génération (le biodiesel et le bioéthanol) grâce à cette vaste palette de résidus agricoles et forestiers. L’autre atout : la totalité d’un végétal peut être utilisé. Selon les indications de l’agence des matières premières renouvelables (FNR), les résidus de la biomasse pourraient couvrir 15 % des besoins en carburant en Allemagne en 2015 : point important, la production alimentaire ne serait pas menacée.

Mais, à côté de nos forêts, la mer pourrait devenir une source importante de biomasse et de biocarburant. Le programme Rotterdam Climate Initiative, dont font partie la municipalité et le port de Rotterdam notamment, a réuni récemment des spécialistes de l’énergie et de l’industrie des algues à Rotterdam, pour discuter du rôle des algues dans la production d’énergie durable.
Les algues n’ont besoin que de lumière du soleil, de CO2 et d’eau avec des oligo-éléments, du phosphate et de l’azote, pour se développer. Les variétés d’algues les plus adaptées pour la production de biocarburant sont les algues vertes unicellulaires, micro-organismes primitifs situés en dessous des plantes. On peut utiliser 99 % de leur masse pour fabriquer des médicaments, des matières colorantes, des plastiques biologiques ou des biocarburants. Environ 40.000 litres de biocarburant par hectare peuvent être produits chaque année, ce qui représente un rendement important.

Les algues sont surtout cultivées dans des systèmes d’étangs ouverts. Un photobioréacteur qui permettra de contrôler précisément certains paramètres est actuellement expérimenté pour une culture en système fermé. Mais la grande quantité de verre nécessaire pour une culture en batch empêche la production à l’échelle industrielle. La culture des algues à l’avantage de produire de l’énergie durable sans concurrencer l’agriculture. En effet, les bassins ou les réacteurs sont placés en mer ou dans les villes.

En France, les chercheurs du Laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer (LOV) travaillent sur un produit énergétique étonnant. Capable de faire tourner un moteur, il est fabriqué à partir d’organismes microscopiques poussant dans l’eau douce ou l’eau de mer : des microalgues. Produites par photosynthèse, elles peuvent contenir jusqu’à 60 % de leur masse en lipides. Avec cent grammes d’huile extraits d’un litre de microalgues, la promotion de ces cellules permet donc d’espérer un rendement à l’hectare trente fois supérieur à celui du colza ou du tournesol !

Ces recherches et ces avancées viennent à point nommé car les biocarburants actuels suscitent de plus en plus d’interrogations et de scepticisme quant à leur impact réel sur l’environnement. Au-delà de la déforestation et de la consommation d’énergie que leur culture implique, ils peuvent mener dans certains pays une rude concurrence aux produits destinés à l’alimentation. Selon des experts, il faudrait en effet planter l’équivalent de la surface de la France en oléagineux pour faire rouler toutes les voitures du pays. D’où la nécessité d’inventer un nouveau carburant à bas prix, non polluant, économe en énergie et qui ne prenne pas la place des cultures terrestres.

Les microalgues pourraient satisfaire à tous ces critères. Le Programme National pour la Recherche en Biotechnologies (PNRB), via l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), a donc décidé de financer sur trois ans ce projet qui s’élève à 2,8 millions d’euros. Le nom de code du programme : Shamash. La mission des chercheurs, venus de sept équipes universitaires françaises est désormais de trouver la microalgue capable de produire le plus de biocarburant et de rendre cette production rentable.

Les chercheurs ont déjà institué un processus de fabrication non polluant. L’élaboration d’algues en bassin permet la récupération et le recyclage de substances minérales néfastes pour l’environnement. Qui plus est, les stations de production d’algues seront couplées avec des stations de production de carbone afin de recycler les émissions de CO2 grâce à l’énergie solaire.
À l’heure actuelle, le litre de carburant d’algue coûte plus cher que le pétrole. Mais plusieurs éléments permettent d’espérer, à terme, une bien meilleure rentabilité. Certaines microalgues contiennent des molécules à haute valeur ajoutée, comme les oméga 3 et les antioxydants, très recherchées dans le domaine de l’agroalimentaire ou de la cosmétique. « En améliorant les procédés de séparation des différentes molécules et en stimulant les microalgues selon certains procédés, on pourrait faire de la coproduction et diviser les coûts », estime Antoine Sciandra, directeur de recherche au CNRS.

Au Danemark, la laitue de mer (Ulva lactuca), une belle et grande algue d’un vert cru, pousse vite et bien, nettement mieux que le blé, qui sert justement à fabriquer du bioéthanol. Pour les Danois, l’intérêt est évident. Les surfaces agricoles manquent un peu d’espace (le pays produit environ 5 millions de tonnes de blé contre, bon an mal an, 35 millions pour la France). Si on la compare au blé, la laitue de mer gagne sur la plupart des terrains.

Non seulement sa croissance est plus rapide (l’algue double son poids tous les trois à quatre jours) mais, à surface égale, la production de biomasse (sans eau, donc) est considérable. Alors que, poussée au maximum, la production de céréales ne dépasse pas dix tonnes à l’hectare, il serait possible, d’après les chercheurs, d’atteindre entre 200 à 500 tonnes avec la laitue de mer ! Pour le Danemark, la potentialité serait de 80 à 100 tonnes. En outre, cette algue est plus riche que le blé en sucres, la matière première pour la synthèse de l’éthanol.

Facile à cultiver, la laitue de mer a même tendance à proliférer naturellement sur les milieux côtiers pollués par des rejets organiques (elle adore les composés soufrés et nitrés résultant de leur décomposition). Sa simple récolte pourrait donc servir à atténuer ses mauvaises odeurs, relancer l’oxygénation des zones polluées et fournir du biocarburant.

Au rythme d’augmentation du prix des carburants fossiles, et compte tenu de l’impact environnemental de plus en plus contesté des biocarburants de première génération et de leur effet négatifs sur la hausse des prix des céréales, ces biocarburants de deuxième génération, issus de nos forêts et de nos océans pourraient s’avérer rentables d’ici 5 ans à condition de poursuivre au niveau européen notre effort de recherche dans ce domaine. Sans constituer une panacée, ces biocarburants véritablement écologiques, et n’entrant pas en concurrence avec les cultures vivrières, pourraient permettre d’accélérer sensiblement la mutation des transports vers l’ère de l’après-pétrole et contribuer ainsi à lutter encore plus efficacement contre le réchauffement du climat dont la réalité et l’ampleur viennent encore d’être confirmées par le dernier sommet du GIEC à Valence.

René Trégouët
Sénateur honoraire
Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

vendredi 9 novembre 2007

L’hôpital de Limoges se chauffera à partir d’une centrale biomasse

Pour la première fois en France, l’hôpital de Limoges va être équipé d’une chaufferie alimentée par de la biomasse (déchets végétaux) qui produira 66 % des besoins énergétiques du CHU dès la fin 2008, a annoncé Philippe Vigouroux, directeur de l’établissement. Le bâtiment abritant la future chaufferie de 9 mégawatts sera équipé de matériel photovoltaïque et de récupération d’eau pluviale, afin de répondre aussi à des préoccupations environnementales. Ce projet s’appuie sur la filière bois en Limousin. La chaufferie consommera annuellement 20.000 tonnes d’un mélange écorce-plaquette forestière (résidus d’exploitation forestière) et créera une dizaine d’emplois en amont.

Le projet, d’un montant chiffré par le CHU à "plus de 8 millions d’euros", a été confié à la société Dalkia (filiale de Veolia Environnement et d’EDF), leader européen des services énergétiques. Il comprend la construction de la nouvelle chaufferie, la rénovation du réseau existant et l’exploitation des sites. Selon Philippe Frugier, directeur de la communication au CHU Dupuytren de Limoges, "l’établissement devrait diminuer considérablement sa consommation de ressources fossiles et ses rejets de C02 tout en réduisant sa facture énergétique de 500.000 euros par an". Le réseau de chaleur actuel, fonctionnant à 96 % avec du gaz et complété en fuel lourd, sera entièrement rénové. Lors de la mise en service de la centrale biomasse, il ne produira plus que 34 % de l’énergie nécessaire au chauffage du site.

Source : http://www.lemoniteur-expert.com/actualite/energie/l_hopital_limoges_chauffera_partir/D801372B2.htm

L’éolien, une énergie d’avenir à l’échelle mondiale

L’éolien se développe de manière importante en France et dans le monde. Ainsi la puissance installée a augmenté en France de 42 % (de 1450 MW à 2100 MW) entre le début de l’année et le mois d’octobre 2007. Le développement de l’éolien nécessite en France un investissement de 1,3 million d’euros par MW installé. L’éolien représentera donc des investissements de plus d’un milliard d’euros chaque année en France lorsque le seuil des 1000 MW installés annuellement sera dépassé ces prochaines années.

Selon le cabinet Danois BTM Consult, d’ici 2016, le parc mondial opérationnel serait de 455 GW, de quoi couvrir 4 % de la consommation mondiale d’électricité et le marché annuel à cet horizon serait de 64 GW par an, soit plus de 60 milliards d’euros annuellement. La banque d’affaires HSBC Holding retient des estimations d’un marché mondial de 270 milliards d’euros pour l’éolien d’ici à 2020. En effet, à quelques exceptions près, les parcs éoliens à travers le monde en sont encore à leurs débuts (le parc français en est d’ailleurs un bon exemple). Il n’est donc pas trop tard pour tirer parti du marché de l’éolien afin de créer des emplois en France.

En 2006 en Allemagne, l’éolien représentait 82 100 emplois directs et indirects, avec une progression de 28,5 % en 2 ans (+ 18 200 emplois de 2004 à 2006 - chiffres du ministère de l’environnement allemand). Le secteur des énergies renouvelables représente quant à lui un total de 231 300 emplois. Il est possible d’extrapoler ces résultats à la France. Ainsi, d’après les professionnels de l’éolien, la filière représente actuellement 4000 emplois temps plein en France, et on peut espérer jusqu’à 60 000 emplois à l’horizon 2020 si l’éolien se développe conformément aux objectifs fixés au niveau européen.

Source : http://www.btm.dk/